Home A la une Ouyahia a passé sa première nuit en prison: la fin brutale d’un parcours exceptionnel
A la une - Politique - 13 juin 2019

Ouyahia a passé sa première nuit en prison: la fin brutale d’un parcours exceptionnel

Grandeur et décadence. C’est ainsi qu’on peut résumer aujourd’hui le sort d’Ahmed Ouyahia qui a toujours su résister aux séismes politiques, s’éclipser un bout de temps pour rebondir ensuite, toujours aussi fort, imperturbable et surtout indétrônable
Mais cette fois-ci, il ne pouvait échapper au tsunami de la révolte populaire, née le 22 février dernier, et, par ricochet, à l’opération ‘’main propre’’, ordonnée par le chef d’Etat-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Gaid Salah, dans le sillage du ‘’Hirak’’. Il est désormais placé en détention provisoire et croupit à la prison d’El Harrach.
Trois mois après son limogeage par Bouteflika du poste de Premier ministre, l’homme aux sales besognes, et après une carrière politique jalonnée de polémiques, signe définitivement, à presque 67 ans, sa mort politique et plus si affinité, lui qui a réussi, contre vents et marées, à s’accrocher au poste de Secrétaire général du RND, en dépit des nombreuses tentatives de le destituer entreprises par ses paires au parti.
Il faut dire qu’après quatre décades entre les plus hautes sphères de l’administration publique et les arcanes de la politique algérienne, cette fin tragique ne provoque point de regrets ou de peine au sein de la quasi-majorité du peuple algérien qui lui voue une haine qui n’a d’égal que sa cote d’impopularité qu’il l’a forgée, malgré lui, au fil des années.

A l’origine de l’impopularité
Depuis l’arrivée de  Bouteflika, Ouyahia a été trois fois chef du gouvernement, en et a occupé également les postes de ministre de la Justice et de chef de cabinet à la présidence de la République.
Né, le 2 juillet 1952 à Bouadnane, dans la wilaya de Tizi-Ouzou, Ahmed Ouyahia, a grandi à El Madania (Alger), dans le quartier de ‘‘Diar El Mahçoul’’, ce qui explique d’ailleurs son amour très jeune au club de foot du CR Belouizdad. Après avoir décroché son baccalauréat en lettres en 1972,  au lycée El Idrissi, sis à la place du 1er Mai, le futur commis de l’Etat passe avec brio le concours d’entrée à la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA) d’où il sort diplômé en sciences politiques.

Ses débuts à la présidence…
Sa carrière politique peut dés lors être lancée. Il passera son service national à la présidence de la République, en 1977 et 1978. Il est administrateur stagiaire au département des affaires africaines du palais d’El Mouradia pour ensuite aller, durant la décennie de 1980 se forger à l’étranger en étant, successivement, conseiller aux affaires étrangères à l’ambassade d’Algérie en Côte d’Ivoire pendant trois années, membre de la direction de la mission permanente de l’Algérie aux Nations unies à New York durant quatre ans et co-représentant algérien au Conseil de sécurité des Nations unies au cours des trois dernières années des ‘‘eighties’’.
En 1990, Ouyahia est rappelé en Algérie pour occuper au mois de novembre le poste de chargé d’études au cabinet du ministre des Affaires étrangères, avant de devenir, moins d’un mois plus tard, le directeur général du département africain du ministère. Désigné ambassadeur au Mali, il intègre en 1993  le gouvernement de Réda Malek en étant nommé Sous-secrétaire d’État à la Coopération et aux Affaires maghrébines.

…ensuite chef du Gouvernement
Sous l’ère de Zeroual, il devient, le 31 décembre 1995, pour la 1ère fois de sa carrière, chef du gouvernement. Il restera à ce poste pendant trois années et il se distinguera malheureusement par la tristement célèbre opération ‘’main propre’’ menée contre des milliers de cadres algériens, incarcérés injustement pour une grande partie d‘entre eux, dans le cadre de la lutte contre la corruption. Il s’est fait remarquer également par la décision de faire des ponctions sur salaires, une mesure qui est, jusqu’à aujourd’hui, pour beaucoup dans l’impopularité d’Ouyahia.
Quelques mois avant l’arrivée de Bouteflika, Ouyahia devient SG du RND, en janvier 1999 pour ne partir qu’en 2013. Mais c’était de courte durée puisqu’il reviendra aux affaires du parti «bébé moustaches» en juin 2015, après la parenthèse Bensalah.
Sous le règne de Bouteflika, l’homme au sale boulot rebondit à plusieurs reprises sur la scène politique en occupant le poste de ministre de la justice pour devenir quelques années plus tard, soit de 2003 à 2006, et pour la seconde fois de sa longue carrière politique chef du gouvernement.      En 2008, il est encore une fois chef du gouvernement et ce, jusqu’au 2012. Deux années plus tard, il  réintègre la présidence comme directeur de cabinet avant de se faire nommer, en août 2017, et pour la dernière fois, Premier ministre de Bouteflika, tout en rêvant de lui succéder un jour …
Liès Bourouis

 

 

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