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A la une - Politique - 25 mai 2019

Présidentielle : le pouvoir face à une situation inédite

Se dirige-t-on vers le report de fait des élections présidentielles du 4 juillet ? Tout porte en effet à le croire du moment que les délais de dépôt de la déclaration de candidature auprès du Conseil constitutionnel prend ce samedi, à minuit, conformément à l’article 140 de la loi  organique portant régime électoral. Une disposition qui stipule que cette déclaration de candidature doit être déposée, au plus tard, dans les 45 jours suivant la publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral. Le décret avait été, pour rappel, signé le 9 avril dernier par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, avant qu’il ne soit publié le lendemain, 10 avril, au Journal officiel.                                                                                                                        Donc sauf surprise de dernière minute, l’on voit mal la tenue du scrutin dans sa date prévue, d’autant plus que deux des principaux candidats parmi les 77 qui ont retiré lettres d’intention ont fini par jeter l’éponge et se retirer de la course. Il s’agit d’Abdelaziz Belaid du front El Moustakbal et Belkacem Sahli de l’Alliance nationale républicaine.
Les deux partis l’ont annoncée, ce samedi, via des communiqués de presse dans lesquels, ils motivent cette décision par l’absence des conditions idéales pour l’organisation de cette échéance électorale. Belaid et Sahli regrettent à ce propos l’absence d’une « réelle » et « sérieuse » préparation des élections, la non installation de la commission indépendante requise pour «garantir» la transparence et l’intégrité de la Présidentielle, la non révision de certains articles de la loi portant régime électoral, l’absence d’une rivalité politique susceptible d’imprimer au scrutin un climat de transparence, le refus de mettre en place un gouvernement de compétences nationales conduit par une personnalité « indépendante » et enfin la persistance de la crise de légitimité de l’APN.
Proroger les délais de 60 jours ….
Toutefois, si le Conseil constitutionnel ne reçoit aucun dossier de candidature, quel scénario doit-on s’attendre ? Selon les constitutionnalistes, l’hypothèse la plus probable porte sur le report des élections pour une durée maximale de 60 jours, conformément à l’article 103 de la Constitution qui précise que dans ce scénario, le Président de la République en exercice ou celui qui assume la fonction du Chef de l’Etat demeure en fonction jusqu’à la prestation de serment du Président de la République. Ce qui veut dire que Bensalah et, par ricochet, Bedoui, seront toujours là, au grand dam du peuple algérien qui exige toujours le départ des trois ‘‘B’’ dont font partie les chefs d’Etat par intérim et le Premier ministre, en sus de Bouchareb, président de l’APN. Il va sans dire que les citoyens n’accepteront jamais cette option de prolonger de deux mois la tenue des élections avec les mêmes têtes de gondole, sans qu’il ait des changements réels. Ce serait, donc, une perte de temps inutile.
Reste une autre éventualité, celle, du reste, réclamée par les Algériens depuis la démission de Bouteflika, à savoir la solution politique qui peut se traduire par la mise en place d’une instance collégiale composée de personnalités honnêtes, sages et intègres et d’un gouvernement d’union nationale, composé de compétences nationales. Dans ce cas là, Bensalah et Bedoui savent ce qu’ils leur reste à faire…
Liès Bourouis

 

 

 

 

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