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Economie - 9 octobre 2019

Produits agricoles: les africains doivent se doter de leurs propres normes

Les pays africains doivent se doter de leurs propres normes en matière de produits agricoles et agroalimentaires afin de faciliter la fluidité des échanges commerciaux entre les pays du continent, ont préconisé des experts agronomes, mercredi à Alger.
« Il faudrait aller vers des normes africaines, qui soient beaucoup moins contraignantes pour assouplir les relations commerciales entre les pays du continent », a estimé le docteur Idir Bais, consultant agricole lors du forum consacré aux échanges commerciaux interafricain, tenu à la Chambre nationale de l’agriculture, en marge de la 19e édition du salon international de l’agriculture, de l’élevage et l’agroéquipement (SIPSA Filaha).
M. Bais a invité les pays du continent à apprendre de l’expérience des autres, en citant l’Union européenne dont beaucoup de pays membres affirment que « trop de normes tuent la production ». « Il faut une réflexion au niveau africain à cette question de normes qui risque de freiner le grand projet de la ZLECAF (Zone libre échange continentale africaine) », a-t-il insisté, en considérant qu’il était préférable pour les pays du continent d’être moins rigoureux sur cette question d’autant que « la plus part d’entre eux n’ont pas les laboratoires ni les compétences pour tout contrôler et analyser ».
Pour sa part, le professeur Meriem Ben Mahdi a fait constater que la mondialisation a fait que toutes les populations ou presque adoptent le même régime alimentaire. « Il y a eu une perversion du régime alimentaire avec toutes les conséquences néfastes sur la santé humaine (pathologie, obésité ) » , a-t-elle regretté, en estimant qu’il était temps pour les pays du continent de revenir au basic et offrir aux africains leur nourriture africaine avec ses normes simples.
Pour Mme Ben-Madi, la question des normes s’impose automatiquement surtout lorsqu’il s’agit d’industrie agro-alimentaire, mais cela ne signifie pas pour autant que les investisseurs doivent travailler avec les mêmes normes que ceux qui sont appliquées en Europe ou aux Etats-Unis pour pouvoir exporter vers les marchés africains. La raison semble évidente : la plupart des pays du continent manquent des outils de contrôles, et d’analyses », a-t-elle argué.
Cette ancienne directrice de l’Ecole supérieur des sciences de l’aliment et des industries agroalimentaires (ESSAIA), a assuré qu’actuellement, il y a des pistes de réflexion à l’élaboration de normes africaines entre les pays pour fluidifier leurs échanges. Outre l’aspect économique que revêt la question des échanges interafricains, l’intervenante a estimé que l’Afrique qui devrait compter 2,5 milliards d’habitants en 2050, fait également face à un défi humanitaire, car elle doit trouver les moyens adéquats pour nourrir ses populations.
« Le véritable défi est certes commerciale mais il est aussi humanitaire, car le continent fait face à une raréfaction des ressources agricoles et hydrique, et il va falloir produire plus avec des ressources réduites », a-t-elle souligné, ajoutant qu’il est nécessaire aussi d’augmenter les rendements, apprendre à minimiser les pertes, réduire le gaspillage alimentaire et améliorer l’industrialisation.
De plus, a-t-elle, poursuivi, il faudra commercialiser des produits de qualité à des prix abordable pour cette population qui a aussi des moyens limités du fait que le consommateur africain n’aura pas le même pouvoir d’achat qu’un consommateur européen ou américain. Les intervenants ont évoqué par ailleurs le problème de la logistique qui risque de freiner le projet des échanges interafricains dans le cadre de la ZLECAF.

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