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Qui fera changer d’avis à Hamrouche ?

Sollicité par de nombreux citoyens en vue de se porter candidat aux présidentielles du 12 décembre prochain, Mouloud Hamrouche a poliment décliné l’offre et motivé sa décision par des raisons qu’il estime objectives. En effet, l’ancien chef du gouvernement au temps du feu Chadli Bendjedid ne veut apparemment pas la jouer comme étant l’homme providentiel et assure, avec un brin d’amertume, que même s’il se présente aux élections et soit élu, il ne pourrait « rien faire » dans de telles conditions. « Je ne peux pas vous mentir. Il vaut mieux vous dire la vérité dès maintenant », s’est-il adressé tout simplement devant ses partisans qui ont investi son domicile, samedi dernier, dans l’espoir de le convaincre à se jeter dans la bataille électorale. Mais en vain même si Hamrouche n’a pas fermé totalement la porte en assurant qu’il pourrait changer d’avis si les conditions en question venaient à changer. Ce qui est, convenons-nous de le dire, peu probable. La question qui se pose est de savoir qui sera susceptible de faire changer d’avis à Hamrouche. D’autant plus qu’il a remis au goût du jour la récurrente question des prérogatives et des marges de manœuvre dont devra jouir un président élu, remettant en cause ainsi la crédibilité des élections. L’on se souvient à ce propos le célèbre clin d’œil du président démissionnaire, Abdelaziz Bouteflika, lorsqu’il asséna au début de son règne qu’il ne voulait pas être un trois quart de président. En claire, Hamrouche doute ouvertement de la bonne foi et de la volonté du régime de changer de cap et d’aller vers un système démocratique réel. « Je n’ai jamais menti aux gens. Il y a des choses que je ne peux pas dire, mais ce que je dis est une partie de la vérité. Je ne peux pas vous induire en erreur. Je sais d’ores et déjà ce qui pourrait se passer. Je ne pourrais pas vous dire demain qu’on ne m’a pas laissé travailler. J’aurais aimé exaucer votre vœu, mais il faut du concret, pas de l’illusion », a-t-il sévèrement taclé les tenants du pouvoir. En tous les cas, les arguments avancés par celui qui s’est retiré, en compagnie de six autres candidats, des présidentielles de 1999 sont tout sauf illogiques. Les observateurs y voient même de l’honnêteté morale et intellectuelle et de la probité d’un homme qui préfère dire la vérité en face et surtout refuser d’être manipulé ou un objet aux main des vrais décideurs, tout au contraire des nombreux prétendants qui se soucient peu (ou pas du tout) de la nature du régime dans lequel, ils souhaitent régner. Hamrouche estime par ailleurs que l’Algérie a un besoin urgent de renouveau et illustre cet état de fait par le mouvement populaire, né le 22 février dernier. « Le peuple algérien a donné une occasion au système, au pays, pour tourner la page de 30 ans de terrorisme et de corruption. On pouvait rebâtir sur de nouvelles bases et pardonner aux gens, tout en donnant la priorité à la construction de l’État algérien. Malheureusement, dans les conditions actuelles, ce serait vous mentir si je vous disais que je pourrai réaliser cet objectif », a-t-il regretté, mettant du coup fin aux attentes de ses partisans.
Liès Bourouis

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